
I ) HORMONES HYPOTHALAMIQUES ET HYPOPHYSAIRES :
A ) Hormones de l'hypophyse :
1 ) Hormones du lobe postérieur :
a ) Ocytocine :
Elle augmente la contractivité de l'utérus. Elle est utilisée dans les insuffisances des contractions utérines en début ou en cours du travail d'accouchement ainsi que dans le traitement des hémorragies de la délivrance.
Exemple : Ocytocine → Syntocinon*
b ) ADH / Vasopressine / hormone antidiurétique :
La diminution ou l'absence de sécrétion d'ADH est responsable du diabète insipide caractérisé par une soif intense et une polyurie. Son action principale est de diminuer la diurèse.
Exemple : Desmopressine → Minirin*
2 ) Hormones du lobe antérieur :
a ) STH / hormone somatotrope / hormone de croissance / somatropine :
Il s'agit d'un gros polypeptide administré par voie parentérale. Elle s'utilise en cas de nanisme par insuffisance en hormone somatotrope. Sa délivrance était soumise à l'agrément de France Hypophyse (administration médicale associée à l'institut Pasteur). A l'heure actuelle elle est fabriquée par génie génétique.
Exemple : Genotorm*, Nutropin*
b ) ACTH :
C'est une stimuline de la sécrétion des hormones glucocorticoïdes appelée corticosimuline, douée de propriétés anti-allergiques, anti-inflammatoires, suite à la libération de glucocorticoïdes.
On parle de corticothérapie endogène.
Exemple : Tetracosactide → Synacthène* (augmentation du taux de cortisol avec ce médicament)
c ) TSH / Thyréostimuline :
C'est une stimuline employée dans les tests de stimulation de la thyroïde permettant d'explorer l'axe hypophyso-thyroïdien.
Exemple : StimuTSH*
B ) Gonadotrophines / Antigonadotropes :
1 ) Gonadotrophines :
a ) Gonadotrophines chorioniques / hCG : (chorion = placenta)
Elles stimulent le corps jaune. Elles sont extraites du placenta ou de l'urine de la femme enceinte.
Sa présence dans l'urine est d'ailleurs à la base des tests biologiques révélateur de grossesse.
Elles sont utilisées par voie injectable :
chez la femme : pour le traitement de la stérilité due à l'anovulation
chez l'homme : dans le traitement de la stérilité par stimulation de la spermatogénèse
Exemple : Gonadotrophine chorionique Endo*, Ovitrelle*
b ) FSH / hormone folliculo stimulante :
Chez la femme elle stimule l'ovulation, chez l'homme elle stimule la spermatogénèse.
Exemple : Follitropine → Gonal-f , Puregon*
c ) Gonadotrophine post-menopausique / hMG :
Traitement de la stérilité Exemple : Menopur*, Fostimon*
2 ) Antigonadotropes :
Les études produites chez l'homme ont montré qu'aprés une stimulation initiale, l'administration prolongée de Décapeptyl* (Triptoréline) entraîne une inhibition de la sécrétion gonadotrope supprimant par conséquent les fonctions testiculaires. Ils sont utilisés chez l'homme dans le traitement du cancer de la prostate et également dans le traitement de la puberté précoce chez la jeune fille avant 8 ans et chez le jeune garçon avant 10 ans.
Exemple : Triptoréline ( Decapeptyl* )
C ) Inducteurs de l'ovulation :
1 ) Définition :
Médicament capable de stimuler l'ovulation lorsque celle ci n'a pas lieu due à une insuffisance ovarienne.
2 ) Médicaments utilisés :
Clomifène → Clornid*, Pergotime*
Ils possèdent une action d'inhibition compétitive du feed back des oestrogènes au niveau hypothalamique ce qui provoque une décharge de FSH et de LH sécrétées par l'hypophyse d'ou le déclenchement de l'ovulation.
Remarque : ils ne peuvent être administrés qui si les ovaires sont capables d'ovuler.
3 ) Médicaments agissant sur l'ovaire :
Il s'agit des gonadotrophines (hCG, FSH, hMG) et des analogues à la GnRH
B ) Inhibiteurs de la prolactine :
L'hyperprolactinémie est responsable chez la femme de galactorrhées mais également d'amenorhées et chez l'homme de gynécomastie et d'impuissance.
Exemple : Bromocriptine → Parlodel*
Ces médicaments agissent au niveau hypothalamo-hypophysaire en freinant la sécrétion de prolactine ce qui réduit l'hyperprolactinémie qu'elle soit d'origine physiologique (grossesse) ou pathologique.
II ) MEDICAMENTS DES TROUBLES THYROÏDIENS :
A ) Les hormones thyroïdiennes :
1 ) Hypothyroïdie :
C'est une maladie fréquente, environ 1 cas sur 4000. Elle peut être due à des intoxications médicamenteuses, à un dérèglement au moment de la ménopause ou à une absence ou une insuffisance d'apport en iode. Chez l'adulte l'hypothyroïdie est responsable de troubles cardiaques avec bradycardie, de frilosité, d'hypothermie, de prise de poids avec myxoedème, de lenteur intellectuelle, d'une baisse des activités physiques et sexuelles et de constipation.
2 ) Traitement :
Le traitement doit être poursuivi toute la vie et doit être adapté aux besoins de l'enfant pendant la croissance. Il constitue en l'administration d'extraits thyroïdiens et d'hormones thyroïdiennes.
Exemple : T4 : Levothyrox*, L Thyroxine Roche*
T3 : Cynomel*
T3 et T4 : Euthyral*
B ) L'iode et les antithyroïdiens de synthèse :
1 ) Hyperthyroïdie :
C'est la maladie de Basedow ou goître exophtalmique. On observe une augmentation du métabolisme basal, une acceleration du coeur, un amaigrissement, un tremblement des mains, des sueurs et une hyperthermie.
2 ) Traitement :
Traitement chirurgical : ablation de la thyroïde par excérèse
Traitement médicamenteux :
à base d'iode et d'iodures : en effet ces substances jouent un rôle physiologique dans la synthèse des hormones thyroïdiennes mais à fortes doses, ils inhibent cette synthèse et empêchent leur libération.
à base d'antithyroïdiens de synthèse : ils bloquent la synthèse des hormones thyroïdiennes.
effets secondaires : constipation, prise de poids, somnolence, allergies assez fréquentes
Exemple : Thiouraciles : Basdème*
III ) HORMONES CORTICOSURRENALIENNES ET
INHIBITEURS DES GLUCOCORTICOIDES :
A ) Rappel :
Les hormones corticosurrénaliennes :
Zone médullaire : adrénaline, noradrénaline
Zone corticale : minéralocorticoïdes (aldostérone), glucocorticoïdes (cortisol), androgènes
B ) Maladies de la partie corticale :
1 ) Hypofonctionnement :
C'est la maladie d'Addison : affection chronique due à une insuffisance corticosurrénalienne primaire caractérisée par une asthénie, une mélanodermie (pigmentation caractérisée par un fond gris brun sale avec des taches plus foncées dont le diamètre varie entre celui d'une tête d'épingle et celui d'une lentille), une hypotension et des troubles digestif.
2 ) Hyperfonctionnement :
C'est le syndrôme de Cushing : du à un excés chronique de glucocorticoïdes et caractérisé par une obésité facio-tronculaire, une hypertension et par de l'ostéoporose.
3 ) Traitement :
par des hormones glucocorticoïdes : hormones anti-inflammatoires naturelles inscrites en liste I.
Exemple : Cortisone Roussel*, Hydrocortisone Roussel*
Action : augmentent le catabolisme des protéines, augmentent la mise en réserve des graisses, rétention sodique et hydrique, effet anti-inflammatoire, diminution des réactions anticorps/antigènes, effet euphorisant.
Indication : maladie d'Addison, réaction de type immunoallergique, maladie inflammatoire rhumastimale.
par des hormones minéralocorticoïdes : Desoxycortone : Syncortyl* inj
Employée dans le traitement de l'insuffisance surrénalienne, elle possède une action dans tous les états de déshydratation, elle provoque une rétention de sodium et d'eau ainsi qu'une fuite de potassium.
par des anticortisoliques : ils sont utilisés dans le traitement de l'hypercorticisme, de l'adénome surrénalien et le carcinome surrénalien ainsi que dans le traitement du cancer du sein hormonodépendant métastasé postménopausique chez la femme ou du cancer de la prostate chez l'homme.
Exemple : Aminoglutethimide : Orimétène*
Métyrapone : Métopirone*
A ) Oestrogènes :
1 ) Principaux oestrogènes spécialisés :
Per os : Estreva*, Estrofem*, Premarin*, Physogine*, Provames*
Voie percutanée : Climara*, Oesclim*, Estraderm* → dispositifs transdermiques
Estreva*, Oestrodose* → gels
Voie vaginale : traitement des affections vulvovaginales dues à la carence oestrogénique de la ménopause responsable de la sécheresse vaginale : Colposeptine*, Trophigil*
Voie nasale : Aérodiol*
2 ) Principales indications :
Chez la femme : insuffisance folliculaire, hemorragies utérines, traitement substitutif aprés la ménopause. Ce sont des hormones dites féminisantes, elles favorisent l'hydratation vaginale.
Chez l'homme : traitement du cancer de la prostate
3 ) Contre indications :
Grossesse, cancer du sein, cancer de l'utérus.
4 ) Effets indésirables :
Tension mammaire avec mastopathie (augmentation du volume, ...), céphalées, migraines violentes, troubles visuels, nervosité, hypertension artérielle, prise de poids, accidents thromboemboliques, oedèmes.
Chez l'homme : impuissance et gynécomastie (seins qui poussent)
B ) Hormones progestatives :
1 ) Principaux progestatifs spécialisés :
Progestérone naturelle et assimilés : Voie orale : Duphaston*, Estima Gé*, Utrogestan*
Voie parentérale : Progestérone retard Pharion*
Voie vaginale : Estima Gé*, Utrogestan
Voie percutanée : Progestogel*
Dérivés de la 17-OH, 17-méthyl et 19 nor-progestérone : Lutéran*, Lutenyl*, Surgestone*
Dérivés de type norstéroïde : Orgamétril*
2 ) Principales indications :
Insuffisance lutéale, irrégularités menstruelles, dysménorrhée,
mastodynie (seins douloureux), troubles préménopausiques.
3 ) Contre indications : Diabète, accidents thrombophlébitiques.
4 ) Effets indésirables :
Constipation, risques de troubles hépatiques, somnolence, vertiges, prise de poids, aggravation d'un état dépressif, modifications des règles.
C ) Oestroprogestatif non contraceptifs :
Synergon* : traitement symptomatique ponctuel des aménorrhées non gravidiques.
D ) Médicaments anti conceptionnels :
La contraception est une méthode qui bloque, de façon réversible et temporaire, la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde. L'efficacité de ces differentes méthodes contraceptives est mesurée par l'indice de Pearl. Par exemple un indice 3 signifie que 3 grossesses sont constatées chez 100 femmes qui ont utilisé la même méthode pendant un an.
1 ) Méthodes :
a ) Méthode combinée :
On administre pendant 21 jours une association oestroprogestative suivie d'un arrêt de 7 jours.
Il se produit un arrêt de l'ovulation, une modification de la glaire cervicale et une atrophie de l'endomètre rendant la nidation impossible. L'arrêt brusque du traitement provoque une hemorragie de privation peu abondante du fait de l'atrophie de l'endomètre. On distingue :
les associations monophasiques normodosées : dans ce cas la quantité est fixe pendant tout le traitement. Oestrogènes et progestatifs sont à dose constante.
Exemple : Stédiril*
les associations minidosées : la concentration en ethinyloestradiol est inférieure à 0,04mg.
Exemple : Monophasiques : Cilest*, Ludéal*, Minulet*,
Biphasiques (dosage plus élevé dans la 2ème
partie du cycle) : Adepal*, Miniphase*
Triphasiques (doses variables en 3 phases) :
Triella*, Trinordiol*, Phaeva*, Daily Gé*
b ) Méthode progestative continue :
On donne un progestatif minidosé sans interruption même pendant les règles. Il ne doit pas y avoir d'oubli et les horaires doivent être respectés. Dans ce cas il n'y a pas d'inhibition de l'ovulation mais modification de la glaire cervicale qui ne laisse pas passer les spermatozoïdes et une atrophie de l'endomètre. C'est une méthode utilisée quand les oestrogènes sont contre indiqués.
Exemple : Microdosés en continu : Cérazette*, Microval*
Implants : Implanon* (durée de 3 ans)
Forme injectable : Depo-Provera* (8 à 12 semaines)
c ) Contraception d'urgence : Norlevo*
C'est la pillule du lendemain. Elle doit être administrée dans un délai maximum de 72 heures aprés un rapport non ou mal protégé. Elle agit avant le phénomène de nidation mais n'ont aucun effet sur une grossesse qui a déjà débutée.
2 ) Contre indications :
Grossesse, accidents hépatiques, cancer du sein et de l'utérus, diabète, hypertension, hyperlipémie.
3 ) Effets indésirables : Ils sont limités avec les pillules minidosées
liés aux oestrogènes : congestion mammaire, prise de poids, nausées, céphalées, augmentation
du cholestérol et des triglycérides.
liés à la progestérone : prise de poids, acnée, troubles des règles.
liés aux deux : possibilités de mycoses vaginales (Candida Albicans)
4 ) Intéractions médicamenteuses :
Barbituriques, antituberculeux, antiepileptiques = inducteurs enzymatiques
E ) Androgènes, anabolisants et antiandrogènes :
1 ) Les androgènes :
Ce sont les hormones mâles sécrétées par les testicules sous dépendance de la LH. Le principal représentant est la testostérone. Ces hormones contribuent au developpement des organes sexuels et des caractères secondaires sexuels mâles. Ils sont indiqués en cas d'hypogonadisme masculin.
Chez la femme ils peuvent provoquer une virilisation irréversible marquée par un hirsutisme et une modification de la voix.
Exemple : Andractine*
2 ) Androgènes utilisés comme anabolisants :
Avant ils étaient utilisés dans les amaigrissements, les dénutrition prolongées et les brulûres étendues.
3 ) Antiandrogènes :
Chez l'homme ils sont indiqués dans le traitement du cancer de la prostate.
Chez la femme ils sont utilisés en cas d'hyperandrogénie mais toujours sous surveillance médicale stricte.
Exemple : Androcur*
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